Mercredi 3 décembre 2008 3 03 /12 /Déc /2008 17:46
J'ai une admiration  pour  cette femme peintre née à Rome en 1593.


Formée dans l'atelier de son père Orazio Gentileschi, Artemisia se révéle rapidement brillante dans son travail.

L'Ecole des Beaux Arts n'étant pas ouverte aux filles, Le père d'Artémisia lui procure un précepteur privé : Agostino Tassi.
La jeune femme a 19 ans et Tassi la viole sauvagement.


Malgré un procès aussi inquisiteur qu'humiliant, Artemisia arrive à se reconstruire auprès du peintre florentin Pietro Antonio Stiattesi avec lequel elle se marie.

Elle part pour Florence en 1619 et s'installe dans la famille de son mari. Là, ses oeuvres sont appréciées.

Fait exceptionnel pour l'époque, elle est admise à l'Académie de Dessin. La qualité de son travail lui permet d'obtenir la protection de mécènes.

D'un caractère affirmé, elle se sépare de son époux et surtout de la famille Stiattesi.

Elle  se rend à Rome en 1621, accompagnée de sa fille Prudenzia et mène la vie d'une artiste libre.  Ella aura en 1627 un autre enfant, naturel celui-ci.

Après des séjours à Naples, puis en Angleterre où elle rejoint son père, el revient en Italie et se trouve en 1649 à Naples. Elle meurt en 1653.



Danaé, 1612 : Musée d'Art de Saint Louis, Missouri.


La conversion de Marie Madeleine 1615 1616 Palais Pitti, Florence





Judith et Holopherne 1618

La psychanalyse a voulu voir dans la représentation de cette scène, une revanche sur le viol d'Artémisia. Ella aurait donné à Judith ses propres traits et à Holopherne ceux de Stassi.


Je préfère vous livrer la critique de Roberto Longhi, spécialiste des Gentileschi.
« Qui pourrait penser que sous un drap étudié de candeurs et d'ombres glacées dignes d'un Vermeer grandeur nature, pouvait se dérouler une boucherie aussi brutale et atroce (…) ? Mais –avons-nous envie de dire– mais cette femme est terrible ! Une femme a peint tout ça ? »
Il poursuivait :
« il n'y a ici rien de sadique, qu'au contraire, ce qui surprend, c'est l'impassibilité féroce de qui a peint tout cela et a même réussi à vérifier que le sang giclant avec violence peut orner le jet central d'un vol de gouttes sur les deux bords ! Incroyable, vous dis-je ! Et puis s'il vous plaît laissez à la Signora Schiattesi – c'est le nom d'épouse d'Artemisia – le temps de choisir la garde de l'épée qui doit servir à la besogne ! Enfin ne vous semble-t-il pas que l'unique mouvement de Judith est de s'écarter le plus possible pour que le sang ne lui salisse pas son tout nouveau vêtement de soie jaune ? N'oublions pas qu'il s'agit d'un habit de la maison Gentileschi, la plus fine garde-robe de soie du XVIIe européen, après Van Dyck » — Roberto Longhi, Gentileschi père et fille, 1916.



Judith et sa servante, v.1618-1619 Palais Pitti, Florence

La puissance du jaune ... des jaunes, et l'art du clair-obscur !



Une autre version plus tardive :
Judith et sa servante avec la tête d'Holopherne, Detroit Institute of Arts  vers 1625-27




Ci-dessus, Giaele e Sisara Szépművészeti Múzeum, Budapest, 1620





Marie- Madeleine en Pénitence , 1630.



Autoportrait en Allégorie de la Peinture : Collection de Sa Majesté la Reine Elisabeth II, Château de Windsor, 1638-1639.

Des couleurs chaudes, somptueuses, une force..... Artemisia.
Par Pandora
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